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Airtable vs Baserow : l'alternative open source tient-elle la route ?

Publié le
24/4/2024

Vous cherchez une alternative à Airtable, et Baserow revient systématiquement dans les résultats. La raison est simple : parmi les bases de données NoCode open source, c'est celle qui couvre le plus largement le périmètre fonctionnel d'Airtable tout en restant auto-hébergeable. Elle n'est pas la seule de sa catégorie — NocoDB, Teable et Grist existent aussi, et nous y revenons plus loin — mais c'est celle qui soutient le mieux la comparaison. Reste à savoir si elle peut remplacer Airtable dans votre cas — sur les fonctionnalités, sur les coûts réels, et sur ce que la migration vous fera perdre.

Comparatif mis à jour le 30 juillet 2026. Toutes les fonctionnalités et tous les tarifs cités ont été vérifiés à cette date sur les sites officiels d'Airtable et de Baserow.

Airtable ou Baserow : le verdict en bref

Dans quel cas Baserow remplace Airtable

Baserow remplace Airtable sans regret dès que la contrainte principale est l'hébergement des données ou le volume. Si vous devez garder vos données dans votre infrastructure, si vous êtes soumis à des exigences de souveraineté ou de conformité qui interdisent un SaaS américain, ou si vous stockez des centaines de milliers de lignes, l'auto-hébergement Baserow lève un plafond qu'Airtable ne lèvera qu'au prix d'un contrat Enterprise. Il remplace aussi Airtable quand la facture par utilisateur devient le sujet : avec une trentaine d'utilisateurs, la différence entre un abonnement Airtable et une instance Baserow auto-hébergée se compte en milliers d'euros par an.

Dans quel cas Airtable reste le bon choix

Airtable reste préférable quand personne dans l'équipe ne veut administrer un serveur, et quand la valeur attendue vient de l'écosystème plutôt que du produit seul : extensions, connecteurs natifs, communauté, ressources de formation. Sur ces points, l'écart avec Baserow reste réel en juillet 2026. Airtable reste également devant sur la profondeur de son offre de construction d'applications et d'agents IA, où il investit massivement. Si votre équipe est petite, non technique, et que la facture est encore supportable, changer d'outil vous coûtera plus cher que l'abonnement que vous cherchez à éviter.

Positionnement d'Airtable et de Baserow selon le contrôle de la donnée et la maturité fonctionnelle, avec NocoDB, Teable et Grist en alternatives open source.

Airtable et Baserow placés sur deux axes — maîtrise de l'hébergement en abscisse, maturité fonctionnelle en ordonnée — avec NocoDB, Teable et Grist en repères. Une carte d'arbitrage, pas un classement.

Pourquoi chercher une alternative à Airtable ?

Personne ne compare Airtable et Baserow par curiosité. Il y a presque toujours l'un de ces quatre motifs derrière la recherche. Identifier le vôtre change la réponse.

Le coût par utilisateur

Airtable facture chaque utilisateur disposant de droits d'édition. En juillet 2026, le plan Team est à 20 $ par utilisateur et par mois en facturation annuelle, le plan Business à 45 $. Le modèle est linéaire : chaque personne qui doit modifier une base coûte le prix d'une licence. Une équipe de vingt personnes sur Business dépasse les 10 000 $ par an pour un outil de base de données. C'est le premier motif de départ, et le plus rationnel.

L'hébergement et la souveraineté des données

Avec Airtable, vos données sont sur les serveurs d'Airtable, société américaine. Une résidence des données en Europe existe, mais elle est réservée à l'offre Enterprise Scale et ne couvre pas tout le périmètre. Pour beaucoup d'organisations — santé, secteur public, banque, industrie sous contrat de confidentialité — cela suffit à disqualifier l'outil, indépendamment de son niveau de conformité. Le RGPD n'interdit pas Airtable, mais un service juridique peut très bien l'interdire. Baserow répond à ce motif de la façon la plus directe qui existe : vous installez le logiciel où vous voulez.

Si c'est votre motif principal, notre e-book NoCode et open source détaille l'arbitrage entre agilité, sécurité et gouvernance du point de vue d'une équipe IT.

Les plafonds de volume

Les limites d'Airtable s'expriment en enregistrements par base, et elles montent avec le plan. D'après les limites relevées en juillet 2026, on est de l'ordre de 50 000 enregistrements par base en Team et 125 000 en Business, avec un palier supérieur sur les offres Enterprise Scale — Airtable met par ailleurs en avant une capacité de 100 millions d'enregistrements sur son offre de très grande échelle. Ces chiffres ne sont pas affichés en clair sur la page tarifs publique : vérifiez-les auprès de l'éditeur avant de dimensionner un projet dessus. Le point important est structurel : chez Airtable, franchir un plafond de volume signifie changer de plan. En Baserow auto-hébergé, il n'y a pas de plafond de lignes du tout — la limite devient celle de votre serveur.

La licence propriétaire

Airtable est un logiciel propriétaire : vous ne voyez pas le code, vous ne le modifiez pas, et vous dépendez des décisions produit et tarifaires de l'éditeur. Le motif est moins immédiat que le prix, mais c'est souvent le plus structurant à cinq ans : une base de données finit par devenir le socle de vos processus, et parfois de vos agents IA. Beaucoup d'organisations refusent que ce socle soit une boîte noire dont elles ne maîtrisent ni l'évolution ni le prix.

Baserow, l'alternative open source

Ce qu'est Baserow

Interface de Baserow en 2024
L'interface de Baserow telle qu'elle se présentait en 2024, avant l'ajout du constructeur d'applications, des automatisations natives et de la couche IA.

Baserow est une base de données NoCode open source lancée en 2020 par une équipe néerlandaise. L'usage est celui qu'on attend : des tables, des champs typés, des vues (grille, formulaire, galerie, kanban, calendrier, timeline), des relations entre tables, du collaboratif en temps réel. Depuis 2024, le produit s'est nettement élargi : il embarque désormais un constructeur d'applications, un moteur d'automatisations natif, des tableaux de bord et une couche IA. L'interface est disponible en français, ce qui n'est pas anecdotique pour un déploiement en équipe. Notre fiche outil Baserow détaille ses cas d'usage métier et sa grille tarifaire.

Côté références, Baserow met en avant des organisations comme la Royal Bank of Canada, Capgemini, Groupe Atlantic ou la Charité de Berlin — un profil de clients cohérent avec son positionnement : des structures pour qui le lieu de stockage des données est un critère de sélection.

Les autres alternatives open source

Baserow n'occupe pas seul ce créneau, même s'il est aujourd'hui le plus proche d'Airtable en couverture fonctionnelle. NocoDB se place devant une base de données existante — PostgreSQL, MySQL — et lui donne une interface de type tableur : c'est l'option pertinente quand la donnée vit déjà ailleurs. Teable est construit directement sur PostgreSQL et vise les projets qui assument une base relationnelle derrière l'interface. Grist mise sur les formules et le calcul, dans une logique plus tableur que base de données applicative. Aucun des trois n'égale l'étendue de Baserow sur le constructeur d'applications, les automatisations et l'IA, mais chacun peut être le bon choix selon votre point de départ.

Ce que change concrètement l'open source

L'open source n'est pas un argument abstrait. Il produit trois effets mesurables.

  • Vous pouvez lire et modifier le code. La quasi-totalité du code de Baserow est sous licence MIT, une licence très permissive. Concrètement, vous pouvez auditer le logiciel, corriger un comportement, ou développer un plugin pour un besoin métier que l'éditeur ne couvrira jamais. Cela demande des compétences de développement — c'est une porte ouverte, pas un bouton.
  • Vous n'êtes plus dépendant de l'éditeur. Si Baserow triple ses prix ou disparaît, votre instance continue de tourner et le code reste disponible. Avec Airtable, un changement de politique tarifaire est subi.
  • La nuance à connaître : Baserow annonce que « presque tout » son code est MIT. Les trois offres payantes — Premium, Advanced et Enterprise — sont à code visible mais sous licence commerciale distincte, et leur activation se paie, y compris en auto-hébergé. Baserow n'est donc pas un produit intégralement MIT : le cœur l'est, le haut de gamme non. Autant le savoir avant de fonder une stratégie dessus.

Auto-hébergé ou en SaaS : deux façons de l'utiliser

C'est la distinction qui conditionne tout le reste du comparatif, et celle qui est le plus souvent confondue. Baserow Cloud est le SaaS opéré par l'éditeur ; Baserow auto-hébergé est le logiciel installé sur votre propre serveur, typiquement via Docker.

CritèreBaserow CloudBaserow auto-hébergé
Qui gère l'infrastructureL'éditeur : vous créez un compte, vous ne gérez aucune infrastructureVous : installation sur votre propre serveur, typiquement via Docker
LimitesPlafonds par plan, exactement comme chez Airtable : lignes, stockage, crédits d'automatisationAucune limite de lignes, de stockage, de webhooks ni de requêtes API, et l'éditeur s'engage à ce que cela reste gratuit
Hébergement des donnéesServeurs de l'éditeur, en EuropeVotre infrastructure, où vous voulez
Ce que vous payezUn abonnement par utilisateur, selon le planRien pour le cœur du produit ; une licence par utilisateur et par mois seulement si vous activez les fonctionnalités Premium, Advanced ou Enterprise
Ce que l'open source vous apportePresque rien en pratique : Baserow est simplement un concurrent moins cher d'AirtableToute sa valeur : maîtrise du lieu de stockage, absence de plafond, indépendance vis-à-vis de l'éditeur

Airtable vs Baserow : le comparatif détaillé

Tableau de synthèse

CritèreAirtableBaserow
Nature du produitSaaS propriétaireOpen source, en SaaS ou auto-hébergé
InterfaceTableur-base de données, très aboutieTableur-base de données, proche d'Airtable, un cran moins finie
Fonctionnalités de base de donnéesVues, champs typés, relations, filtres, extensionsVues, champs typés, relations, filtres, plugins développables
AutomatisationsAutomatisations natives + connecteurs, écosystème très largeAutomatisations natives (facturées en crédits mensuels en Cloud)
Création d'applicationsInterfaces et construction d'apps assistée par IAApplication Builder natif : pages, domaine personnalisé, SSO
API et extensibilitéAPI REST documentée, scripting, extensionsAPI REST sur l'ensemble des fonctionnalités, webhooks, plugins
Intelligence artificielleAssistant conversationnel, agents, champs IA, facturation en créditsAssistant Kuma, agents IA, champ IA, serveur MCP, LLM au choix
HébergementServeurs d'Airtable (société américaine), résidence européenne possible sur l'offre Enterprise ScaleCloud européen de l'éditeur ou votre propre serveur
ConformitéCertifications de l'éditeur ; données aux États-Unis par défaut, résidence des données en UE seulement sur l'offre Enterprise ScaleRGPD, SOC 2, HIPAA en Cloud ; en auto-hébergé, votre périmètre
LicencePropriétaireMIT pour la quasi-totalité du code ; Premium, Advanced et Enterprise sous licence commerciale
Plafonds de volumePar plan, en enregistrements par basePar plan en Cloud ; aucun plafond en auto-hébergé
Ordre de prixGratuit, puis quelques dizaines de dollars par utilisateur et par mois (voir la grille ci-dessous)Gratuit, puis environ deux fois moins cher qu'Airtable à niveau comparable en Cloud ; gratuit sans limite en auto-hébergé hors options payantes

Interface et prise en main

Les deux outils reposent sur le même paradigme : un tableur enrichi qui se comporte comme une base de données relationnelle. Quelqu'un qui maîtrise Airtable est opérationnel sur Baserow en une demi-journée. L'écart se joue sur les détails de finition — fluidité des interactions, richesse des types de champs, qualité des états vides et des messages d'erreur — où Airtable garde une avance, sans que cela constitue un obstacle à l'adoption. Sur la langue, il n'y a pas d'écart : les deux interfaces sont disponibles en français, Airtable proposant par ailleurs l'anglais, l'allemand et l'espagnol.

Fonctionnalités de base de données

Sur le cœur du métier, la parité est atteinte : champs typés, relations entre tables, formules, filtres, tris, regroupements, vues multiples, commentaires par ligne, historique des modifications. Airtable propose davantage de types de champs exotiques et une bibliothèque d'extensions plus fournie. Baserow propose en contrepartie des contraintes de champ et surtout la possibilité de développer ses propres plugins — ce qu'aucun plan Airtable ne permet. Une réserve sur la déduplication : elle figure sur la page tarifs de Baserow avec la mention « Soon ». Elle est donc annoncée, pas encore livrée : ne construisez pas un processus dessus aujourd'hui.

Automatisations et intégrations

Airtable dispose d'automatisations natives matures et d'un écosystème de connecteurs considérable. C'est son avantage le plus solide.

Pour voir ce que cela permet en pratique, cette vidéo montre comment structurer et automatiser la gestion d'une activité entièrement dans Airtable.

Côté Baserow, les automatisations ne se réduisent plus à l'API et aux ressources de votre serveur. Le produit embarque un moteur d'automatisations natif, avec des nœuds standards, des nœuds Code et Excel sur les plans supérieurs, et un quota de crédits d'automatisation mensuels sur l'offre Cloud.

Pour tout ce qui sort du produit, les deux outils passent par les mêmes plateformes : Make, n8n et Zapier disposent tous les trois d'un connecteur Baserow officiel, référencé par l'éditeur. Sur ce critère souvent cité comme bloquant, il n'y a pas de différence pratique.

Création d'applications

Airtable propose les Interfaces, complétées depuis par une construction d'applications assistée par IA : vous décrivez le besoin, l'outil génère tables, écrans et automatisations, que vous reprenez ensuite à la main.

Baserow a son équivalent : un Application Builder natif — pages paramétrables, éléments de formulaire et de collection, actions, authentification SSO, sous-domaine ou domaine personnalisé, CSS et JS personnalisés — avec un quota d'utilisateurs applicatifs externes inclus dès l'offre gratuite. Airtable reste plus abouti et plus rapide à prendre en main sur cet usage, mais Baserow tient la comparaison.

API et extensibilité

Airtable expose une API REST bien documentée, du scripting et des extensions personnalisées. Baserow est conçu autour de son API : chaque fonctionnalité est adressable, ce qui en fait un back-end crédible pour une application externe, avec des webhooks pour suivre les changements en temps réel. En auto-hébergé, l'API n'a ni quota ni limitation de débit ; en Cloud, Baserow applique une limite de requêtes simultanées. Exploiter cette ouverture demande un profil technique.

Intelligence artificielle

C'est le critère qui a le plus bougé en deux ans. En juillet 2026, Baserow propose un assistant conversationnel (Kuma) qui construit un processus à partir d'une description, un constructeur d'agents IA intégré aux workflows, un champ IA pour créer, classer et enrichir des données, et un serveur MCP permettant de connecter des agents externes à ses données. Point notable pour les organisations sensibles : Baserow permet d'utiliser son propre modèle de langage et de faire tourner ces fonctions en cloud ou sur site. Ces fonctionnalités sont réservées aux plans payants.

Chez Airtable, l'IA n'est pas un module facturé séparément par licence : elle est intégrée à la plateforme, avec un assistant de construction d'applications, des agents applicatifs, et une facturation à la consommation en crédits pour les usages d'analyse. Les administrateurs activent l'IA au niveau de l'espace de travail, et les clients Enterprise choisissent les modèles autorisés.

Verdict sur ce critère : les deux outils ont une couche IA sérieuse. Airtable est plus loin sur la génération d'applications, Baserow plus loin sur le contrôle — modèle au choix, exécution sur votre infrastructure.

Hébergement et sécurité des données

Airtable stocke vos données sur ses serveurs et gère la sécurité et les mises à jour à votre place. C'est un confort réel et une perte de contrôle réelle. Les organisations qui ont besoin d'une résidence des données en Europe peuvent l'obtenir, mais uniquement sur l'offre Enterprise Scale, et sur un périmètre défini par l'éditeur : faites préciser ce qui est couvert avant de vous engager.

Baserow Cloud héberge les données en Europe et déclare une conformité RGPD, SOC 2 et HIPAA, avec chiffrement au repos, TLS en transit, sauvegardes avec restauration à un point dans le temps, authentification à deux facteurs et journaux d'audit sur les plans supérieurs. À noter : les pages de l'éditeur mentionnent selon les endroits l'Allemagne et les Pays-Bas comme localisation des serveurs — si la localisation exacte est un critère contractuel pour vous, faites-la confirmer par écrit.

En auto-hébergé, le niveau de sécurité devient exactement celui de votre infrastructure. C'est le point que les comparatifs oublient : l'auto-hébergement ne rend pas vos données plus sûres, il transfère la responsabilité de leur sécurité sur vous.

Licence

Airtable : licence propriétaire, code fermé. Baserow : licence MIT pour la quasi-totalité du code, licence commerciale distincte pour les fonctionnalités des trois offres payantes, Premium, Advanced et Enterprise. Si votre exigence est « pouvoir sortir sans dépendre de l'éditeur », Baserow y répond. Si votre exigence est « du 100 % libre, sans aucune brique payante », lisez la licence avant de vous engager.

Tarifs

Grilles vérifiées le 30 juillet 2026 sur les pages tarifs officielles. Ces offres évoluent plusieurs fois par an : revérifiez avant décision.

Baserow Cloud — les limites s'expriment par espace de travail :

PlanVolume inclusPrix
Free3 000 lignes, 2 Go de stockage, 2 000 crédits d'automatisation par mois, vues grille, formulaire et galerie0 $
Premium50 000 lignes, 20 Go, 100 000 crédits d'automatisation, toutes les vues, fonctionnalités IA10 $ par utilisateur et par mois en annuel (12 $ en mensuel)
Advanced250 000 lignes, 100 Go, 500 000 crédits d'automatisation, permissions par rôle, journaux d'audit18 $ par utilisateur et par mois en annuel (22 $ en mensuel)
Enterprise1 000 000 de lignes, 1 000 Go, accompagnement au déploiement, paiement sur factureSur devis

Baserow auto-hébergé — la logique est différente et mérite d'être comprise plutôt que chiffrée :

  • le logiciel est gratuit, sans limite de lignes, de stockage, de webhooks ni de requêtes API, et l'éditeur s'engage à ce que cela reste le cas ;
  • les fonctionnalités Premium, Advanced et Enterprise ne sont pas incluses : elles s'activent avec une licence achetée depuis un compte Baserow Cloud, facturée par utilisateur et par mois ;
  • vos coûts réels ne sont donc pas ceux de la licence, mais ceux du serveur et du temps technique. C'est l'objet de la section suivante.

Le détail à jour est sur la page tarifs de Baserow, avec un sélecteur entre version hébergée et auto-hébergée.

Airtable — nous ne reprenons ici que ce qui sert la comparaison. Pour le détail des offres, voyez notre article dédié à Airtable ou la page tarifs de l'éditeur.

PlanCe qui compte pour la comparaisonPrix
FreeSuffisant pour un usage individuel ou un test, plafond d'enregistrements bas0 $
TeamLe plan d'entrée réel pour une équipe, plafond de l'ordre de 50 000 enregistrements par base20 $ par utilisateur et par mois en annuel
BusinessVolume et administration supérieurs, plafond de l'ordre de 125 000 enregistrements par base45 $ par utilisateur et par mois en annuel
Enterprise ScaleGouvernance avancée, très grands volumes, résidence des données en Europe possibleSur devis

La lecture utile n'est pas le prix affiché, c'est la structure : Airtable facture chaque utilisateur disposant de droits d'édition, sans exception. Baserow Cloud aussi, mais à peu près deux fois moins cher à niveau comparable. Baserow auto-hébergé, lui, casse le lien entre nombre d'utilisateurs et facture — c'est tout l'enjeu de l'arbitrage.

Si vous hésitez encore entre une base de données et un tableur plutôt qu'entre deux éditeurs, notre comparatif Airtable vs Google Sheets traite cette question en amont.

Combien coûte réellement Baserow auto-hébergé ?

« Gratuit » est vrai pour la licence du cœur du produit, et trompeur pour le projet. Voici les postes à budgéter.

Serveur et infrastructure

Baserow s'installe via Docker et a besoin d'une machine, d'une base PostgreSQL, d'un stockage de fichiers, d'un nom de domaine et d'un certificat. Pour une équipe de dix à trente personnes et quelques centaines de milliers de lignes, un serveur virtuel de gamme intermédiaire chez un hébergeur européen suffit : comptez quelques dizaines d'euros par mois, plus le stockage objet si vous manipulez beaucoup de pièces jointes. Ajoutez une sauvegarde externalisée — non négociable — et, si l'outil devient critique, un environnement de test. On reste très en dessous du coût des licences évitées, mais on n'est pas à zéro.

Maintenance et temps technique

C'est le poste que les comparatifs passent sous silence, et celui qui fait échouer les projets. Il faut quelqu'un qui installe, qui applique les mises à jour, qui surveille la disponibilité, qui teste les restaurations de sauvegarde et qui intervient quand l'instance tombe un lundi matin. En rythme de croisière, cela représente quelques heures par mois ; les pics sont sur l'installation initiale et sur les montées de version majeures. Si ce temps n'est pas identifié et attribué à une personne nommée, l'économie est théorique — vous aurez juste déplacé un coût visible vers un risque invisible.

Le point d'équilibre face à un abonnement Airtable

Le calcul se fait en trois lignes. D'un côté, votre abonnement Airtable : nombre d'utilisateurs éditeurs multiplié par 20 $ ou 45 $ par mois. De l'autre, le serveur, la sauvegarde, les éventuelles licences Baserow payantes et le temps technique valorisé à votre coût interne. Concrètement, cela donne les ordres de grandeur suivants.

SituationAbonnement AirtableArbitrage auto-hébergement
5 utilisateurs éditeurs sur TeamEnviron 100 $ par moisAucun intérêt économique : le temps technique coûte plus que l'abonnement
20 utilisateurs éditeurs sur TeamEnviron 400 $ par moisNettement rentable, y compris en valorisant honnêtement le temps d'administration
20 utilisateurs éditeurs sur BusinessEnviron 900 $ par moisNettement rentable, y compris en valorisant honnêtement le temps d'administration

La règle empirique que nous appliquons en clientèle : en dessous d'une dizaine d'utilisateurs éditeurs, migrer pour des raisons de coût est une fausse bonne idée. Au-delà d'une vingtaine, ou dès qu'une contrainte d'hébergement existe, le dossier se défend seul — et le coût cesse d'être le seul argument.

Airtable ou Baserow : lequel choisir selon votre cas ?

Vous voulez héberger vos données vous-même

Baserow, sans hésitation, en auto-hébergé. C'est le seul des deux qui répond à la question, et il y répond bien. Prévoyez la ressource technique avant de lancer le projet, pas après.

Votre équipe n'est pas technique

Airtable, ou à défaut Baserow Cloud. L'erreur classique consiste à choisir Baserow auto-hébergé pour l'argument open source, sans personne pour administrer l'instance : au premier incident, l'outil qui porte vos processus métier devient indisponible et personne ne sait quoi faire. Si le prix d'Airtable est le problème mais que la compétence technique manque, Baserow Cloud est le bon compromis — moins cher, opéré par l'éditeur, hébergé en Europe.

Votre abonnement Airtable devient trop cher

Faites d'abord le calcul du point d'équilibre ci-dessus, et vérifiez ensuite deux choses : combien de vos utilisateurs ont réellement besoin de droits d'édition — Airtable ne facture pas les lecteurs — et combien de vos automatisations dépendent d'extensions Airtable sans équivalent. Si après ce ménage la facture reste élevée et que vous avez la compétence technique, la migration se justifie.

Vous démarrez un nouveau projet

Commencez sur l'offre gratuite des deux et tranchez au bout de deux semaines d'usage réel. Le vrai conseil est ailleurs : dès le départ, structurez vos données proprement et gardez vos automatisations dans un outil externe comme Make ou n8n plutôt que dans les automatisations natives de la base. C'est ce qui rendra un changement d'éditeur indolore dans deux ans. Pour situer ces outils les uns par rapport aux autres, notre panorama des outils IA et NoCode donne la cartographie.

Faites la liste de ce que vous utilisez vraiment

Le comparatif fonctionnalité par fonctionnalité ci-dessus sert à éliminer, pas à décider. Ce qui décide, c'est la poignée de fonctions que votre base mobilise réellement tous les jours. Une base d'activité correctement construite en utilise moins qu'on ne le croit, et ce sont à peu près toujours les mêmes :

  • des tables reliées entre elles, pas un tableur à plat : clients, projets, tâches, avec des relations un-à-plusieurs. C'est le cœur du sujet, et le point sur lequel les deux outils sont à parité ;
  • plusieurs vues sur les mêmes données : grille pour saisir, kanban pour piloter, calendrier ou timeline pour les échéances ;
  • des champs calculés, typiquement une formule d'échéance ou d'écart entre deux dates, et de plus en plus un champ IA pour classer ou résumer du texte entrant ;
  • une interface pour ceux qui ne travaillent pas dans la base : quelques compteurs, une répartition par statut, une liste filtrée. C'est ce que voit la majorité des utilisateurs, et c'est souvent là que se joue l'adoption ;
  • deux ou trois automatisations déclenchées par un changement d'état : une notification, un document généré, un envoi. Rarement plus au démarrage ;
  • un import de fichier table par table, avec reconnaissance des types de champs — indispensable pour charger un jeu de données de test, et c'est exactement le mécanisme que vous utiliserez le jour d'une migration.

Confrontez cette liste à l'outil que vous envisagez, avec vos propres données, avant de trancher. À l'été 2026, ces fonctions existent des deux côtés : la question n'est donc plus « est-ce que ça existe » mais « est-ce que ça me convient à l'usage ». Vérifiez aussi un point que les comparatifs ignorent : la possibilité de documenter dans l'outil lui-même — une description par champ, une note explicative sur la base. C'est ce qui permet à quelqu'un d'autre que vous de reprendre la base dans six mois, et cela pèse plus lourd à l'usage que la longueur d'un catalogue d'extensions.

Un dernier réflexe, valable quel que soit l'outil retenu : la qualité d'une base ne vient pas du nombre de tables, de champs et d'écrans qu'elle contient, mais de la clarté du processus qu'elle reproduit. Modélisez les étapes et le modèle de données avant d'ouvrir l'outil, et préférez cinq écrans à dix quand c'est possible. Une base simple est plus stable, plus facile à faire évoluer, et surtout beaucoup moins coûteuse à migrer si vous changez d'éditeur : c'est la meilleure protection contre l'enfermement, bien avant le choix de la licence.

Comment migrer d'Airtable vers Baserow ?

Ce qui se transfère et ce qui se perd

Se transfère sans difficultéÀ reconstruire manuellement
La structure des tablesLes automatisations
Les donnéesLes Interfaces
La plupart des types de champs courantsLes extensions
Les relations entre tablesLes formules complexes propres à Airtable
Les vues de baseLes permissions fines, l'historique des révisions et les commentaires

Côté formats, Baserow importe du CSV, de l'Excel, du XML et du JSON, et Airtable exporte en CSV par table. L'essentiel de la charge de migration se trouve dans la colonne de droite — pas dans les données.

Les étapes de la migration

  1. Inventorier les bases réellement utilisées. Sur un compte de plusieurs années, la moitié ne mérite souvent pas d'être migrée.
  2. Cartographier les dépendances : quels outils lisent ou écrivent dans Airtable, quels scénarios Make, n8n ou Zapier vont casser, quels tableaux de bord pointent dessus.
  3. Installer et sécuriser l'instance Baserow, sauvegardes incluses, avant de toucher aux données.
  4. Migrer une base pilote non critique, table par table, et reconstruire ses automatisations sur Baserow.
  5. Faire fonctionner les deux systèmes en parallèle sur ce périmètre pendant deux à quatre semaines.
  6. Migrer le reste par lots, en fermant l'écriture dans Airtable base par base pour éviter les divergences.
  7. Conserver un export Airtable complet et l'abonnement encore un cycle de facturation après la bascule.

Les points de vigilance

  • Les pièces jointes. Elles migrent via des URL Airtable qui expirent. Récupérez les fichiers avant de couper l'abonnement, sinon vous perdrez les documents en gardant les lignes.
  • Les identifiants d'enregistrement. Tout ce qui référence un identifiant Airtable — scénarios d'automatisation, applications externes, formules — devra être remappé.
  • Les relations entre tables. Un export CSV table par table casse les liens ; il faut les recréer dans le bon ordre après import.
  • L'adhésion des utilisateurs. Une migration techniquement réussie que l'équipe contourne en revenant à Excel est un échec. Prévoyez une démonstration et un référent interne.
  • Ne migrez pas et ne refondez pas en même temps. La tentation est forte de profiter du changement pour tout réorganiser. C'est le meilleur moyen de faire échouer les deux.

Notre recommandation

Baserow est une vraie alternative à Airtable, et elle l'est davantage en 2026 qu'en 2024 : la couche IA existe, le constructeur d'applications existe, les automatisations natives existent, les connecteurs Make, n8n et Zapier existent. Les arguments qui servaient à écarter Baserow sont, pour la plupart, périmés.

Cela ne fait pas de Baserow le meilleur choix par défaut. Il devient le bon choix quand vous avez une raison précise de quitter Airtable — l'hébergement, le volume, la facture au-delà d'une vingtaine d'utilisateurs, la sortie d'une licence propriétaire — et la capacité technique d'assumer une instance. Sans l'une de ces deux conditions, restez sur Airtable : vous paierez un abonnement plutôt qu'une dette technique, et c'est souvent le meilleur arbitrage.

Questions fréquentes

Peut-on migrer ses bases Airtable vers Baserow sans perdre de données ?

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Le contenu suit ; ce qui a été fabriqué autour, non : prévoyez de refaire vos scénarios, vos écrans et vos règles d'accès.

Les données elles-mêmes se migrent sans perte : vous exportez vos tables Airtable en CSV et vous les importez dans Baserow, qui accepte aussi l'Excel, le XML et le JSON. Ce qui ne se transfère pas automatiquement, ce sont les automatisations, les Interfaces, les extensions, les formules propres à Airtable, les permissions fines et l'historique des révisions : il faut les reconstruire. Deux pièges concrets : les pièces jointes passent par des URL Airtable qui expirent, donc récupérez les fichiers avant de couper l'abonnement ; et un export table par table casse les relations entre tables, qu'il faut recréer dans le bon ordre après import.

Baserow est-il vraiment gratuit si on l'auto-héberge ?

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La brique de base ne coûte rien. Le reste — options avancées, machine, sauvegardes, heures d'exploitation — se paie bel et bien.

La licence du cœur du produit est gratuite, et l'éditeur indique qu'en auto-hébergé il n'y a aucune limite de lignes, de stockage, de webhooks ni de requêtes API. Mais deux coûts subsistent. D'une part, les fonctionnalités Premium, Advanced et Enterprise ne sont pas incluses : elles s'activent avec une licence facturée par utilisateur et par mois, achetée depuis un compte Baserow Cloud. D'autre part, vous payez le serveur, le stockage, les sauvegardes et surtout le temps technique d'installation et de maintenance. Pour une équipe de dix à trente personnes, comptez quelques dizaines d'euros de serveur par mois et quelques heures d'administration. C'est bien moins qu'un abonnement Airtable au-delà d'une vingtaine d'utilisateurs, mais ce n'est pas zéro.

Quelles compétences techniques faut-il pour auto-héberger Baserow ?

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L'installation se fait via Docker et reste accessible à quelqu'un d'à l'aise avec un serveur Linux : ligne de commande, Docker, PostgreSQL, nom de domaine et certificat TLS. Le vrai sujet n'est pas l'installation, c'est l'exploitation dans le temps : appliquer les mises à jour, surveiller la disponibilité, tester régulièrement la restauration des sauvegardes et intervenir quand l'instance tombe. Il faut donc une personne nommée, disponible, et un remplaçant. Si ce rôle n'existe pas dans votre organisation, choisissez Baserow Cloud ou Airtable plutôt que l'auto-hébergement.

Baserow fonctionne-t-il avec Make, Zapier et n8n ?

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Oui, les trois. Baserow référence lui-même ses intégrations officielles avec Make, Zapier et n8n, et son architecture orientée API permet d'aller plus loin par appels HTTP et webhooks pour ce que les connecteurs ne couvrent pas. Baserow dispose par ailleurs, en juillet 2026, d'un moteur d'automatisations natif et d'un serveur MCP pour connecter des agents externes à ses données. Ce critère, longtemps présenté comme un point faible face à Airtable, n'en est plus un.

Baserow convient-il à une équipe non technique ?

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Version hébergée : oui, la marche est basse. Version installée chez vous : il vous faut une personne capable de tenir le serveur.

En version Cloud, oui : l'interface est proche de celle d'Airtable, disponible en français, et quelqu'un qui maîtrise Airtable est opérationnel en une demi-journée. Airtable garde une avance sur la finition, la bibliothèque d'extensions et les ressources de formation, mais rien qui bloque l'adoption. En version auto-hébergée, la réponse change : l'usage quotidien reste simple, mais quelqu'un doit administrer l'instance. Une équipe sans ressource technique qui choisit l'auto-hébergement pour l'argument open source se retrouve sans recours au premier incident.