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Stripe, MangoPay ou Paygreen : quelle solution de paiement en ligne choisir ?

Publié le
30/6/2021

Choisir un prestataire de paiement n’est pas un arbitrage de fonctionnalités. C’est un arbitrage de coût réel, de conformité et d’intégration. Stripe, MangoPay et Paygreen répondent à trois problèmes différents, et le mauvais choix se paie soit en commissions, soit en mois de développement, soit en refus de dossier.

Cet article les compare sur les mêmes critères : ce que chacun coûte, à quel type de projet il s’adresse, ce qu’il implique côté réglementaire, et comment il se branche sur une plateforme construite en NoCode.

Sur les chiffres, une règle simple : tous les tarifs cités ici sont des tarifs publics relevés en juillet 2026 sur les pages officielles des éditeurs, avec le lien vers la source. Quand un prestataire ne publie pas de grille, seul son modèle de facturation est décrit. Ces grilles et ces conditions d’éligibilité évoluent régulièrement : vérifiez-les auprès du prestataire avant de vous engager.

Article publié en juin 2021, entièrement réécrit et mis à jour en juillet 2026.

La version courte, en vidéo : notre comparatif Stripe vs MangoPay vs Paygreen en quelques minutes, avant d’entrer dans le détail des grilles tarifaires et de la conformité.

Le verdict en bref

Les trois solutions ne sont pas en concurrence frontale. Elles se départagent sur un critère principal : qui encaisse l’argent et à qui il doit être reversé.

Dans quel cas choisir Stripe

Vous vendez vos propres produits ou services, vous voulez démarrer sans négociation commerciale, vous avez besoin d’une documentation et d’un écosystème d’intégrations larges, et éventuellement d’encaisser à l’international. Stripe est aussi le choix le plus rapide pour une marketplace de taille modeste, via son offre Connect, parce qu’on peut l’activer soi-même sans passer par un commercial.

Dans quel cas choisir MangoPay

Vous construisez une place de marché ou une plateforme à flux multiples, avec des portefeuilles par vendeur, des reversements différés, de la vérification d’identité et une expérience de paiement intégrée à votre marque. MangoPay est une infrastructure pensée pour ce cas précis. Contrepartie : pas de grille publique, pas d’offre en libre-service, il faut passer par un devis.

Dans quel cas choisir Paygreen

Vous êtes sur le marché français et vous avez besoin de moyens de paiement que les deux autres ne couvrent pas : titres-restaurant dématérialisés, chèques-vacances ANCV, arrondi solidaire, contribution carbone. Restauration, tourisme, loisirs, commerce engagé. Sa grille est publique et compétitive sur la carte bancaire de particulier en zone euro.

Quand choisir Stripe, MangoPay ou Paygreen selon que vous encaissez pour vous-même, pour des tiers, ou avec des moyens de paiement spécifiques comme les titres-restaurant.

Encaissez-vous pour vous-même ou redistribuez-vous à des tiers ? Cette question oriente le choix avant tout comparatif de commissions.

Tableau comparatif des trois solutions

CritèreStripeMangoPayPaygreen (by Lemonway)
Commission, carte de particulier (périmètre publié par chaque acteur)1,5 % + 0,25 € — cartes standard de l’EEENon publié — devis sur mesure1,2 % + 0,25 € (Cartes Bancaires CB) et 1,8 % + 0,25 € (Visa / Mastercard) — cartes de particuliers en zone euro
Cartes premium2,8 % + 0,25 € (cartes premium de l’EEE)Non publiéNon publié
Cartes commercialesNon publié comme ligne distincteNon publié2,9 % + 0,25 €
Cartes étrangères (périmètre publié par chaque acteur)3,15 % + 0,25 € (cartes internationales, hors EEE), majorés de 2 % en cas de conversion de devisesNon publié — multidevise et service de change dédié3,25 % + 0,25 € (Visa / Mastercard hors zone euro)
Abonnement et frais de mise en placeAucun sur l’offre standardContrat sur mesure, pas d’offre gratuite ni de palier libre-serviceSans abonnement, sans engagement, frais de mise en service inclus
Modèle tarifaireTarif public à l’usage, offre personnalisée (IC+, remises sur volume) au-delàÀ l’usage, par paliers dégressifs selon le volume et les produits activésTarif public à la transaction, devis sur mesure sur gros volumes
Type de projet viséE-commerce, SaaS, abonnements, plateformesPlateformes et marketplaces à flux multiples, plutôt grands comptesE-commerce français, restauration, tourisme et loisirs, commerce responsable
Couverture géographiquePaiements de porteurs de cartes de plus de 195 paysAgrément européen, vérification d’identité et reversements locaux à l’international — périmètre exact à confirmer auprès de l’éditeurFrance en priorité, marché européen via le passeport de Lemonway (29 pays)
Gestion des marketplacesOui, via Connect : incluse avec l’offre standard, 0,25 % si la plateforme applique sa propre tarification aux vendeursOui, c’est son cœur de métier : portefeuilles électroniques illimités, IBAN virtuels, reversements, changeOui, en mode avancé (multi-boutique, multi-compte, marketplace) sur tarification sur mesure
Personnalisation du parcoursPages hébergées, composants intégrés ou API pour un parcours entièrement sur mesureIntégration API, expérience en marque blanche dans votre applicationParcours intégrable au site, briques dédiées (Retail, Lunch, Travel, Charity, Climate)
Statut réglementaireStripe Technology Europe Limited, établissement de monnaie électronique agréé par la Banque centrale d’Irlande, passeporté dans l’EEEMangopay S.A., établissement de monnaie électronique agréé par la CSSF au LuxembourgLemonway, établissement de paiement agréé par l’ACPR (n° 16568), est le prestataire de services de paiement de Paygreen
Spécificités différenciantesÉcosystème d’intégrations et documentation, paiement en présentiel (Terminal à 1,4 % + 0,10 €), outils antifraude, facturation et abonnementsPortefeuilles électroniques et IBAN virtuels illimités, change multidevise, vérification d’identité et antifraude intégrésTitres-restaurant dématérialisés (Conecs, Swile, Restoflash) et ANCV Connect à 0,35 €, arrondi solidaire, contribution carbone
Pour qui c’est le bon choixVous vendez pour votre compte, ou vous lancez une plateforme et voulez avancer vite sans négocier un contratVous exploitez une place de marché avec des flux complexes et un volume suffisant pour justifier un contrat négociéVous encaissez en France des moyens de paiement spécifiques : titres-restaurant, chèques-vacances, dons

Tarifs publics relevés en juillet 2026 sur stripe.com/fr/pricing, mangopay.com/pricing et paygreen.io/tarifs. Ces grilles évoluent : vérifiez-les auprès du prestataire.

Stripe

À qui il s’adresse

Stripe s’adresse à toute entreprise qui veut encaisser en ligne sans négocier de contrat au préalable : on crée un compte, on récupère des clés d’API, on encaisse. C’est le prestataire le plus utilisé dans l’écosystème NoCode, moins pour ses tarifs que pour la densité de son écosystème : la plupart des outils proposent un connecteur Stripe prêt à l’emploi.

Côté réglementaire, les paiements des clients de l’Espace économique européen sont traités par Stripe Technology Europe Limited, établissement de monnaie électronique agréé par la Banque centrale d’Irlande et passeporté dans l’EEE (voir les mentions légales de l’entité).

Fonctionnalités clés

  • Paiement en ligne : cartes, portefeuilles (Apple Pay, Google Pay), paiement accéléré via Link, paiement différé.
  • Connect : encaissement puis répartition des fonds entre la plateforme et ses vendeurs, avec inscription des vendeurs, gestion du risque et formulaires fiscaux.
  • Abonnements et facturation : paiements récurrents, factures, gestion des taxes.
  • Paiement en présentiel : terminaux physiques, facturés 1,4 % + 0,10 € par transaction en juillet 2026.
  • Antifraude : protection par apprentissage automatique incluse sur l’offre standard.

Tarifs

Grille publique, sans abonnement ni frais d’installation. Relevé du 30 juillet 2026 sur la page tarifs française :

Transaction ou prestationTarif public Stripe (juillet 2026)
Cartes standard de l’Espace économique européen1,5 % + 0,25 €
Cartes premium de l’EEE2,8 % + 0,25 €
Cartes britanniques2,5 % + 0,25 €, majorés de 2 % en cas de conversion de devises
Cartes internationales3,15 % + 0,25 €, majorés de 2 % en cas de conversion de devises
Litige reçu20 €
Connect (plateformes et marketplaces)Inclus avec les paiements sur l’offre standard ; 0,25 % de frais supplémentaires si la plateforme applique sa propre tarification à ses vendeurs

Au-delà d’un certain volume, Stripe propose une offre personnalisée avec tarification interchange plus (IC+) et remises sur volume. Le tarif public est donc un plafond, pas une fatalité.

Limites

  • Le tarif d’appel ne s’applique qu’aux cartes standard européennes. Un mix réel comportant des cartes premium, commerciales ou internationales fait nettement monter le coût moyen.
  • Le support est majoritairement documentaire et anglophone sur l’offre standard : peu d’accompagnement humain dédié tant que vous n’êtes pas sur un contrat négocié.
  • Sur des flux de marketplace complexes — portefeuilles par vendeur, reversements différés conditionnels, multidevise — l’outillage existe mais demande davantage de travail que chez un acteur spécialisé.

MangoPay

À qui il s’adresse

MangoPay n’est pas une solution d’encaissement pour un site e-commerce classique : c’est une infrastructure de paiement pour les plateformes qui font circuler de l’argent entre plusieurs parties. Places de marché de produits, plateformes à la demande, plateformes financières, voyage et hébergement, éditeurs SaaS.

MangoPay n’est plus la « petite sœur de Leetchi » que décrivent encore certaines présentations : l’entreprise, historiquement liée au groupe Leetchi, s’est repositionnée comme fournisseur d’infrastructure de paiement pour plateformes, et son actionnariat a changé — Crédit Mutuel Arkéa a annoncé en avril 2022 l’entrée d’Advent International comme actionnaire majoritaire de Leetchi SA, qui regroupe Leetchi et MangoPay, Arkéa restant actionnaire minoritaire. Sur le plan réglementaire, Mangopay S.A. est une société luxembourgeoise agréée comme établissement de monnaie électronique par la CSSF, l’autorité de surveillance du secteur financier luxembourgeois (source : mentions légales).

Parmi les plateformes citées officiellement par l’éditeur : Vinted, Wallapop et Chrono24.

Fonctionnalités clés

  • Portefeuilles électroniques illimités : un portefeuille par vendeur ou par utilisateur, transferts de portefeuille à portefeuille, conservation du solde sans limite de durée.
  • IBAN virtuels illimités : chaque portefeuille peut disposer de son propre IBAN, ce qui simplifie la réconciliation par rapport à un virement classique. C’est l’un de ses arguments les plus différenciants.
  • Marque blanche : intégration par API, l’expérience de paiement reste dans votre design.
  • Change et multidevise : portefeuilles multidevises, change garanti ou au comptant, gestion de trésorerie.
  • Vérification d’identité et antifraude : vérification des particuliers et des entreprises à l’international, modèles antifraude personnalisables.
  • Reversements : règlement local dans de nombreux pays, reversement instantané possible.

Tarifs

MangoPay ne publie aucune grille tarifaire. L’éditeur indique explicitement sur sa page tarifs, relevée en juillet 2026, qu’il n’existe ni palier public, ni offre gratuite, ni parcours en libre-service. Son modèle de facturation annoncé, en clair :

  • facturation à l’usage, vous ne payez que ce que vous consommez ;
  • tarification par paliers dégressifs — plus le volume de paiement est élevé, plus le coût par transaction baisse ;
  • prix construit selon le volume traité, les produits activés (encaissement, portefeuilles, change, identité, antifraude, reversements) et la complexité des flux ;
  • facturation mensuelle sur la base d’une facture émise dans les cinq jours ouvrés suivant le début du mois.

Des chiffres du type « 1,8 % + 0,18 € » circulent sur le web, attribués à MangoPay. Ils n’apparaissent sur aucune source officielle de l’éditeur en juillet 2026. Pour un chiffre exploitable, demandez un devis sur mangopay.com/pricing.

Limites

  • Pas de tarif public : impossible d’estimer votre coût avant d’avoir parlé à un commercial, ce qui rallonge la phase de cadrage d’un projet.
  • Positionnement grands comptes assumé : sur un projet à faible volume, l’effort de négociation et d’intégration sera disproportionné.
  • Éligibilité conditionnée : certains modèles économiques et secteurs sont exclus, l’éditeur publie une liste d’activités interdites. À consulter avant d’engager quoi que ce soit.
  • Aucun produit destiné au grand public : ni portefeuille personnel, ni IBAN pour particulier. Ce n’est pas un compte bancaire.

Paygreen

À qui il s’adresse

Paygreen est une solution française spécialisée dans le paiement en ligne responsable et dans les moyens de paiement propres au marché français. Restaurateurs, acteurs du tourisme et des loisirs, e-commerçants qui veulent associer leur parcours d’achat à une cause.

Depuis juin 2025 : l’activité de Paygreen est reprise par Lemonway, opération effective le 6 juin 2025. La marque existe toujours — elle s’affiche désormais « Paygreen by Lemonway » — et Lemonway, établissement de paiement agréé par l’ACPR sous le numéro 16568, est devenu son prestataire de services de paiement, avec un passeport européen dans 29 pays (source : communiqué officiel de Lemonway). Concrètement, la solution reste la même mais l’infrastructure et la couverture européenne derrière ont changé de dimension.

Fonctionnalités clés

L’offre est découpée en briques :

  • Retail Kit : encaissement par carte bancaire.
  • Lunch Kit : titres-restaurant dématérialisés. Paygreen est le seul des trois à les couvrir, via Conecs — l’opérateur commun aux principaux émetteurs — ainsi que Swile, Restoflash et Edenred.
  • Travel Kit : tourisme et loisirs, avec les chèques-vacances ANCV Connect.
  • Charity Kit : arrondi solidaire et micro-dons, qui transforment le tunnel de paiement en point de collecte pour une association.
  • Climate Kit : calcul des émissions liées à une commande et contribution carbone en fin de parcours d’achat.
  • Modes avancés : multi-boutique, multi-compte et marketplace, avec facturation unifiée et répartition automatique des paiements, sur tarification sur mesure.

Tarifs

Paygreen publie bien une grille, et elle est détaillée. Relevé du 30 juillet 2026 sur paygreen.io/tarifs, sans abonnement, sans engagement, frais de mise en service inclus :

Moyen de paiement ou ligne facturéeTarif public Paygreen (juillet 2026)
Cartes Bancaires (CB), cartes de particuliers zone euro1,2 % + 0,25 € — le tarif le plus bas des trois sur ce segment
Visa et Mastercard, cartes de particuliers zone euro1,8 % + 0,25 €
Cartes commerciales2,9 % + 0,25 €
Cartes hors zone euro (Visa / Mastercard)3,25 % + 0,25 €
Titres-restaurant dématérialisés Conecs0,35 € par transaction
Titres-restaurant Swile et Restoflash0,35 €
Titres-restaurant EdenredSur devis
ANCV Chèque-vacances Connect0,35 €
Bancontact1,5 % + 0,35 €
AMEX (avec contrat de vente à distance)0,35 €
Cartes bancaires (avec contrat de vente à distance)0,35 €
Klarna4,5 % + 0,35 €
Enregistrement de carte0,25 €
Virement bancaire0,20 €
3D Secure0,04 €

Les remboursements, les transactions refusées et les autorisations sans capture sont facturés au coût fixe de la transaction.

À noter : Apple Pay et Google Pay sont facturés au tarif de la carte utilisée, et une étude personnalisée est proposée sur les gros volumes.

Limites

  • Périmètre géographique plus étroit : conçu pour le marché français, l’ouverture européenne passe par l’infrastructure de Lemonway.
  • Écosystème d’intégrations NoCode moins fourni que celui de Stripe : l’intégration passe le plus souvent par des appels API.
  • Facturation à la ligne : le tarif d’appel de 1,2 % est attractif, mais le 3D Secure, l’enregistrement de carte et les virements sont comptés séparément. La comparaison honnête se fait sur le total, pas sur le pourcentage.
  • Reprise récente par Lemonway : sur un choix structurant, demandez le détail contractuel et les engagements de service à jour.

Les critères qui font vraiment la différence

E-commerce simple ou marketplace

C’est la question qui élimine le plus vite. Si vous encaissez pour votre propre compte, les trois solutions conviennent et vous choisirez sur les moyens de paiement et le coût. Si vous encaissez pour le compte de vendeurs tiers, vous entrez dans une autre catégorie de projet : il faut des portefeuilles par vendeur, des règles de reversement, une gestion des remboursements et des litiges qui remonte au bon compte, et une capacité à conserver des fonds. Stripe le fait avec Connect, MangoPay en a fait son cœur de métier, Paygreen le propose en mode avancé.

Le coût réel selon votre volume de transactions

Le pourcentage attire l’œil, mais c’est la part fixe qui décide sur les petits paniers. Voici une simulation à partir des seuls tarifs publics vérifiés en juillet 2026, sur des cartes de particuliers en zone euro. MangoPay n’y figure pas puisqu’il ne publie pas de grille.

Scénario mensuelStripe (1,5 % + 0,25 €)Paygreen CB (1,2 % + 0,25 €)Paygreen Visa / Mastercard (1,8 % + 0,25 €)
200 transactions, panier moyen 200 € (40 000 €)650 €530 €770 €
1 000 transactions, panier moyen 50 € (50 000 €)1 000 €850 €1 150 €
5 000 transactions, panier moyen 20 € (100 000 €)2 750 €2 450 €3 050 €

Deux enseignements. Premier : sur un panier de 20 €, les 0,25 € fixes représentent 1,25 % du montant — soit presque autant que la commission elle-même. Un modèle à petits paniers doit négocier la part fixe avant le pourcentage. Second : ces chiffres sont des planchers. Ils supposent 100 % de cartes de particuliers en zone euro, ce qui n’arrive jamais. Ajoutez des cartes premium, commerciales ou hors zone euro et le coût moyen monte sensiblement chez tous les prestataires.

Ce raisonnement de coût total vaut aussi pour le reste du projet : si vous êtes en train de budgéter la plateforme elle-même, notre article sur le prix d’un site internet donne les ordres de grandeur.

La conformité : agrément, DSP2, obligations marketplace

C’est le critère éliminatoire, et c’est celui qu’on découvre trop tard. Encaisser de l’argent pour le compte de tiers est une activité de service de paiement réglementée en France et dans l’Union européenne. Une plateforme a schématiquement trois voies : obtenir elle-même un agrément auprès de l’ACPR, ce qui est long et coûteux et n’a de sens que pour un acteur dont le paiement est le métier ; s’appuyer sur un prestataire déjà agréé, qui porte les fonds et les obligations associées, notamment en matière de vérification d’identité et de lutte contre le blanchiment ; ou vérifier qu’elle relève d’une exemption. Le périmètre de ces exemptions est étroit et dépend du montage précis : faites valider votre schéma par un conseil ou par le prestataire lui-même avant de développer.

Les trois prestataires comparés ici s’appuient sur un agrément : établissement de monnaie électronique agréé en Irlande pour l’entité européenne de Stripe, établissement de monnaie électronique agréé au Luxembourg pour Mangopay S.A., établissement de paiement agréé par l’ACPR pour Lemonway, qui est le prestataire de services de paiement de Paygreen. C’est ce qui vous permet de ne pas porter l’agrément vous-même.

Deuxième volet : la DSP2 impose une authentification forte du client pour la plupart des paiements par carte initiés en ligne dans l’Espace économique européen. Les trois solutions gèrent le 3D Secure ; chez Paygreen il apparaît comme une ligne tarifaire distincte, à 0,04 € par transaction. Vérifiez aussi les obligations qui pèsent sur vous en tant qu’opérateur de plateforme — vérification des vendeurs, information des utilisateurs, obligations déclaratives — car elles ne sont pas déléguées au prestataire de paiement.

La facilité d’intégration

Les trois exposent une API et une documentation. La différence tient à l’écosystème : Stripe dispose du plus grand nombre de connecteurs prêts à l’emploi, ce qui raccourcit nettement le délai de mise en production sur un outil NoCode. MangoPay et Paygreen s’intègrent principalement par appels API, ce qui reste faisable mais demande de comprendre ce qu’on branche. Si le vocabulaire API vous est encore flou, commencez par notre définition d’une API.

Le support et la documentation

Sur l’offre standard de Stripe, l’accompagnement est essentiellement documentaire. MangoPay annonce un support entreprise et un accompagnement à l’intégration inclus dans son contrat sur mesure. Paygreen inclut un portail support et les frais de mise en service dans sa tarification à la transaction, et son équipe est française. Sur un projet où le paiement est critique, ce critère pèse plus lourd que 0,2 point de commission — surtout le jour où un flux de reversement se bloque.

Changer de prestataire en cours de route

C’est possible, mais rarement indolore. Trois points de friction à anticiper : les moyens de paiement enregistrés par vos clients, qui ne se transfèrent pas librement d’un prestataire à l’autre et peuvent nécessiter une procédure de migration encadrée ; les abonnements en cours, qu’il faut recréer côté nouveau prestataire ; et les fonds encore en portefeuille chez l’ancien, notamment sur un modèle de marketplace. Le meilleur moyen de limiter le coût d’un changement est de ne pas coder son parcours de paiement en dur et de passer par une couche d’abstraction dès le départ.

Intégrer un paiement dans une plateforme NoCode

C’est le point que les comparateurs fintech ne traitent pas : ces trois prestataires ne se branchent pas de la même façon sur une plateforme construite avec des outils NoCode, et c’est souvent là que le calendrier d’un projet dérape.

Ce que demande une marketplace

Un encaissement simple sur un site vitrine ou un e-commerce construit avec Webflow se règle avec un connecteur. Un flux de marketplace, non. Il faut orchestrer, dans l’ordre :

  1. la vérification des vendeurs avant tout encaissement, avec collecte et validation des pièces ;
  2. l’encaissement côté acheteur, avec authentification forte ;
  3. la conservation des fonds jusqu’au déclenchement du reversement — livraison confirmée, fin de délai de rétractation, prestation réalisée ;
  4. la répartition entre la commission de la plateforme et la part du vendeur ;
  5. le reversement vers le vendeur, avec sa propre logique de fréquence et de seuil ;
  6. les cas dégradés : remboursement partiel, litige, paiement refusé, vendeur qui quitte la plateforme avec un solde.

Sur une application construite avec Bubble, cette orchestration se conçoit avec des appels API et des flux de travail dédiés. Les étapes asynchrones — relances, notifications, reversements planifiés, rapprochements comptables — se gèrent bien dans un outil d’automatisation comme Make ou n8n, en écoutant les webhooks du prestataire.

Les points de vigilance à l’intégration

  • Ne jamais faire passer de données de carte par votre application. Utilisez les champs et pages hébergés par le prestataire : c’est ce qui vous évite l’essentiel de la charge de conformité PCI-DSS.
  • Traiter les webhooks comme la source de vérité. Un paiement n’est pas confirmé parce que l’utilisateur est revenu sur votre page de remerciement, mais parce que le prestataire l’a notifié. Prévoyez l’idempotence : le même événement peut arriver deux fois.
  • Tester les cas dégradés avant la mise en production : paiement refusé, remboursement partiel, litige, changement de moyen de paiement sur un abonnement. C’est là que se logent les régressions coûteuses.
  • Ne pas stocker les montants uniquement côté NoCode. Le prestataire de paiement reste la référence comptable ; votre base doit s’y réconcilier, pas l’inverse.
  • Anticiper les délais de dossier. La validation d’un compte marchand, a fortiori sur un modèle de marketplace, prend du temps. Lancez la démarche en parallèle du développement, pas après.
  • Vérifier l’éligibilité de votre activité dès le cadrage : chaque prestataire publie une liste de secteurs et de modèles qu’il refuse.

C’est exactement le type de chantier que nous menons chez Alegria : cadrage du flux de paiement, choix du prestataire au regard du modèle et du volume, intégration dans la plateforme et automatisation des flux annexes. Si vous avez une plateforme à faire encaisser, parlez-nous de votre projet via notre page contact ou découvrez notre approche des solutions sur mesure.

Ce qu’il faut retenir

Il n’y a pas de gagnant dans ce comparatif, parce que les trois solutions ne répondent pas à la même question. Stripe est le chemin le plus court et le mieux outillé, avec un tarif public lisible et un écosystème d’intégrations sans équivalent. MangoPay est l’infrastructure des plateformes à flux multiples, avec ses portefeuilles et ses IBAN virtuels, au prix d’un contrat négocié et d’un ticket d’entrée plus élevé. Paygreen, désormais adossé à Lemonway, couvre des moyens de paiement français que les deux autres n’adressent pas — titres-restaurant, chèques-vacances, arrondi solidaire, contribution carbone — avec la grille la plus lisible sur la carte bancaire de particulier en zone euro.

La bonne méthode de décision, dans l’ordre : d’abord vérifier que votre montage réglementaire tient, ensuite lister les moyens de paiement dont vous avez réellement besoin, puis simuler le coût sur votre mix de transactions et pas sur le tarif d’appel, et enfin regarder le travail d’intégration que cela représente sur votre socle technique.

Dernier rappel : les tarifs, les statuts et les conditions d’éligibilité cités ici ont été relevés sur les sources officielles en juillet 2026. Ils changent. Confirmez-les auprès du prestataire avant toute décision d’engagement.

Peut-on utiliser Stripe pour une marketplace en France ?

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Oui, son offre Connect est faite pour ça : encaissement d’un côté, versement aux vendeurs de l’autre, cadre légal à sécuriser.

Oui. Stripe propose une offre dédiée aux plateformes, Stripe Connect, qui permet d’encaisser un paiement puis de le répartir entre la plateforme et ses vendeurs. Les paiements des clients de l’Espace économique européen sont traités par Stripe Technology Europe Limited, établissement de monnaie électronique agréé par la Banque centrale d’Irlande et passeporté dans l’EEE. En juillet 2026, Connect est inclus avec l’offre standard de paiements, avec 0,25 % de frais supplémentaires si la plateforme applique sa propre tarification à ses vendeurs. Reste à valider votre montage juridique : les obligations qui pèsent sur vous comme opérateur de plateforme dépendent de votre modèle et méritent d’être vérifiées avec un conseil.

Faut-il un agrément pour encaisser à la place de ses vendeurs ?

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Encaisser pour autrui est encadré, mais la voie normale n’est pas de décrocher soi-même la licence : on s’adosse à un acteur déjà autorisé.

Encaisser des fonds pour le compte de tiers est une activité de service de paiement réglementée dans l’Union européenne. En pratique, une plateforme a rarement intérêt à demander elle-même un agrément auprès de l’ACPR : elle s’appuie sur un prestataire déjà agréé (établissement de paiement ou établissement de monnaie électronique) qui porte les fonds et les obligations de vérification d’identité et de lutte contre le blanchiment. Certaines configurations peuvent relever d’exemptions, mais leur périmètre est étroit et dépend du montage précis. Faites valider votre schéma par un conseil ou par le prestataire avant de développer.

Quelle solution accepte les titres-restaurant dématérialisés ?

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Paygreen, désormais Paygreen by Lemonway. Sa grille publique relevée en juillet 2026 affiche les titres-restaurant dématérialisés via Conecs à 0,35 € par transaction, Swile et Restoflash au même tarif, et Edenred sur devis. Les chèques-vacances ANCV Connect sont également à 0,35 €. C’est la différence la plus nette avec Stripe et MangoPay pour la restauration, le tourisme et les loisirs en France. Ces tarifs sont susceptibles d’évoluer : vérifiez-les sur la page tarifs de l’éditeur.

Ces trois solutions fonctionnent-elles avec Bubble, WeWeb ou Webflow ?

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Les trois exposent une API, donc oui sur le principe, mais pas avec le même effort. Stripe dispose de l’écosystème de connecteurs et de plugins le plus large, ce qui en fait le chemin le plus court sur un outil NoCode. MangoPay et Paygreen s’intègrent principalement par appels API : selon la plateforme, il faut passer par un module de requêtes HTTP, un outil d’automatisation comme Make ou n8n, ou une brique de code personnalisée. Dans tous les cas, un flux de marketplace complet (encaissement, portefeuilles, reversements, remboursements, litiges) dépasse ce qu’un simple plugin peut faire.

Quels sont les frais cachés d’une solution de paiement ?

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Cartes haut de gamme, cartes étrangères, devises, litiges, options facturées à part : autant de postes absents du tarif d’appel.

Le pourcentage affiché ne fait pas le coût total. Les postes à vérifier systématiquement : le supplément appliqué aux cartes premium et commerciales, souvent près de deux fois le tarif d’appel ; le surcoût des cartes hors zone euro et les frais de conversion de devises ; les frais de litige, facturés 20 € par litige reçu chez Stripe en juillet 2026 ; les frais de virement et de reversement ; et les lignes annexes facturées séparément, comme le 3D Secure à 0,04 € ou l’enregistrement de carte à 0,25 € chez Paygreen. Demandez toujours une simulation sur votre mix de transactions réel, pas sur le tarif d’appel.